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Histoire des bibliothèques publiques du Yukon

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Saviez-vous que les bibliothèques existent au Yukon depuis l’époque de la ruée vers l’or? Durant la ruée vers l’or du Klondike, il y avait des salles de lecture aménagées dans des tentes et dans des bâtiments en rondins à Conrad et à Grand Forks. On pouvait y accéder gratuitement ou au moyen d’un abonnement, et on les retrouvait un peu partout, y compris dans une église et dans un saloon; elles offraient aux mineurs qui se dirigeaient vers le Klondike les sujets de lecture dont ils avaient tant besoin.

Dawson
Whitehorse
Autres bibliothèques publiques au Yukon et bibliothèque régionale du Yukon


Dawson

Une petite bibliothèque commerciale fut établie par S. Hall Young, surnommé « le pasteur en traineau de chiens », dans le secteur riverain de Dawson en 1897/1898; elle contenait près de 1500 livres achetés par l’organisme Forty Mile Prospectors. Située d’abord dans une tente, la bibliothèque a rapidement été déplacée à l’édifice de l’Arctic Commercial Company; puis, en 1899, c’est sous le nom de Standard Operating Library qu’elle établit ses quartiers au coin de la 2e Avenue et de la rue Queen.

La bibliothèque, qui comprenait plus de 1100 volumes et exigeait de ses usagers qu’ils déboursent 1 $ par mois en frais d’abonnement, a d’abord été la propriété du Dr Grant, puis celle du Dr McDonald. En 1903, elle devint un établissement prospère sous la gouverne du nouveau propriétaire, M. William Horkan, qui offrait des jeux de société, des tables à écrire, des ressources minières et d’autres attraits, y compris un restaurant où l’on servait 800 repas par jour – le Standard Library Restaurant – et un saloon. L’établissement comptait aussi des chambres qui pouvaient être louées pour la nuit et accommoder une centaine de personnes. Sa publicité, il faut en convenir, était conçue de façon à attirer les mineurs fatigués; ainsi, l’établissement se vantait d’être l’endroit idéal pour satisfaire tous leurs besoins : livres, repas, repos, bain et bar. Le Standard Library Restaurant & Hotel a continué de fonctionner jusqu’en 1904, après quoi il ne fut plus viable en raison de la mise sur pied d’un service de bibliothèque gratuit.

La première salle de lecture publique gratuite était située à Gandolfo’s Point, à l’angle nord-est des rues Front et Harper. Elle a été mise sur pied en 1901 par la Dawson Free Library Association afin d’offrir aux mineurs qui revenaient des ruisseaux un endroit où ils pouvaient lire et écrire des lettres gratuitement.

Une subvention de 25 000 $, accordée par le philanthrope américain bien connu, M. Andrew Carnegie, ainsi qu’une aide financière de la ville et du gouvernement ont permis la construction de la bibliothèque Carnegie sur la rue Queen, entre la 3e et la 4e Avenue. Celle-ci, qui comprenait au-delà de 5 000 livres, a ouvert ses portes en 1904, et l’édifice qui l’abritait était considéré à l’époque comme le plus imposant de Dawson. En 1920, par suite d’un incendie majeur, les dégâts causés par l’eau et par la fumée forcèrent la bibliothèque à déménager dans des locaux prêtés par une école publique. La bibliothèque y connut une forte baisse d’achalandage, baisse qui ne faisait d’ailleurs que refléter le déclin radical de la population de Dawson. L’édifice de la bibliothèque Carnegie demeura vide jusqu’en 1934, année où il fut vendu aux francs-maçons.

Au milieu des années 1950, l’Ordre impérial des filles de l’Empire forma un comité en vue de relancer la bibliothèque. Trouver un bâtiment approprié posa un problème jusqu’à ce que le gouvernement territorial crée la bibliothèque régionale et offre un espace pour la bibliothèque dans la réserve du magasin des alcools – endroit qu’elle occupa jusqu’à la fin des années 1980. À cette époque, on construisit une nouvelle école qui offrait un programme d’étude de la maternelle à la 12e année ainsi qu’une bibliothèque publique et scolaire. La bibliothèque ouvrit ses portes au sein de l’école en 1991 et y est encore en activité à ce jour.

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Whitehorse

La première bibliothèque de Whitehorse date de 1907 et elle fut établie dans l’Église Unie de St. Andrew, une fusion des Églises presbytérienne, méthodiste et congrégationaliste. Elle était inscrite dans l’annuaire Polk de 1909-1910 et décrite comme la « bibliothèque publique gratuite de White Horse, Yukon »; l’annuaire mentionnait également la « bibliothèque Carnegie de Dawson, Yukon ». En 1907, la bibliothèque gratuite de Whitehorse consiste en deux armoires vitrées contenant quelques livres; elle est tenue par M. Harold Nelson qui reçoit une certaine aide financière de la part du Yukon Council. À ce que l’on dit, de nombreuses lettres envoyées aux familles portaient l’en-tête : « salle de lecture gratuite de White Horse ».

En 1914, la section yukonnaise de l’Ordre impérial des filles de l’Empire propose de gérer la bibliothèque à la condition que l’organisme puisse utiliser l’ancien édifice de l’Hôpital général de Whitehorse, situé au coin de la 2e Avenue et de la rue Elliot, et devenu vacant en raison de la construction du nouvel hôpital. Le gouvernement territorial accorde une aide financière qui permet d’y aménager la bibliothèque et une salle de lecture publique. Le 11 novembre 1916, le commissaire du Yukon, M. George Black, procède à l’ouverture officielle de la bibliothèque. Les membres de l’Ordre impérial des filles de l’Empire y jouent le rôle de bibliothécaires bénévoles.

La bibliothèque sera en activité à cet endroit jusqu’en 1943, année où un incendie détruit la cantine et les salles de réunions de l’Ordre impérial des filles de l’Empire situées dans le bâtiment, qui étaient alors utilisées par les troupes américaines durant la construction de la route de l’Alaska. L’assureur versera 4 000 $ au gouvernement du Yukon, qui gardera la somme en fiducie jusqu’à ce qu’on trouve un bâtiment pour abriter la bibliothèque.

En attendant, de 1943 à 1946, la bibliothèque est établie dans l’édifice adjacent à l’Église anglicane qui abrite alors l’école de jour des Autochtones, et de 1946 à 1959, dans l’ancien bâtiment de la Légion. Vers la fin des années 1950, les plans visant la construction d’un dépôt qui permettrait de servir l’ensemble des bibliothèques du Yukon sont approuvés, et on utilise la somme versée précédemment par l’assureur pour y aménager du même coup la Bibliothèque publique de Whitehorse. L’édifice, situé sur la rue Wood, ouvre ses portes le 21 février 1961; il comprend une salle de lecture en l’honneur de feu Mme Martha Louise Black, dont l’ameublement provient de l’ancienne Maison du gouvernement à Dawson. En souvenir de Mme Black, la salle contient également des articles de sa succession.

En 1965, dans le cadre d’un projet visant la célébration du centenaire, un nouvel édifice est construit, au coût de 168 000 $, au coin de la 2e Avenue et de la rue Hansen, pour abriter à la fois l’administration régionale et la Bibliothèque publique de Whitehorse. C’est le commissaire G.R. Cameron qui procède à l’ouverture officielle de l’édifice, le 28 janvier 1966. La bibliothèque offre ses services à cet endroit encore aujourd’hui. En 1972, on a agrandi les locaux afin d’accommoder les Archives du Yukon, dont le nombre de documents ne cessait d’augmenter; au début des années 1990, d’importants travaux d’agrandissement et de rénovation ont été réalisés après que les Archives du Yukon aient déménagé dans leur nouveau bâtiment adjacent au Collège du Yukon.

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Autres bibliothèques publiques et bibliothèque régionale du Yukon

En 1905, le gouvernement territorial soutient financièrement les bibliothèques de Whitehorse et de Dawson. En 1907, on injecte des fonds supplémentaires afin d’acheter le matériel nécessaire à l’aménagement d’une bibliothèque de droit, et en 1909, une subvention permet de créer une salle de lecture gratuite à Conrad. En 1914, une autre aide financière permet d’établir une salle de lecture gratuite à Carcross, et en 1917, ce sera au tour de Mayo de recevoir des fonds pour aménager un comptoir de prêt. En 1936, grâce à l’appui de l’Ordre impérial des filles de l’Empire, le comptoir étend sa gamme de services et la nouvelle « salle de lecture de Mayo » ouvre ses portes le 28 septembre de cette année-là. Au cours des années 1930 et 1940, le gouvernement territorial continuera de soutenir financièrement les bibliothèques de Dawson, Whitehorse et Mayo ainsi que la Bibliothèque de droit du Yukon.

En 1954, grâce à l’aide financière de la United Keno Hill Mines, la bibliothèque d’Elsa voit le jour, et des succursales de celles-ci sont établies à Calumet et à Carmacks. En 1963, elle se joindra à la bibliothèque régionale du Yukon et continuera de desservir la population jusqu’au moment où les résidents quittent la ville à la fin des années 1980, en raison de la fermeture de la mine.

Dans les années 1950, on forme le projet d’établir un réseau de bibliothèques à la grandeur du territoire. En 1954, le commissaire du Yukon, F.H. Collins, consulte le surintendant de la commission de la bibliothèque publique de la Colombie-Britannique sur la faisabilité d’établir une bibliothèque régionale. Cela mènera, en 1958, au lancement d’un sondage sur les bibliothèques au Yukon, qui sera effectué par le ministère des Affaires du Nord et des Ressources nationales (Canada). Après examen des résultats, on recommande au gouvernement territorial de reprendre des mains de l’Ordre impérial des filles de l’Empire la Bibliothèque publique de Whitehorse et d’en assumer la responsabilité; on recommande également que la bibliothèque soit à la fois un dépôt central et un centre de distribution pour le matériel destiné aux écoles et aux bibliothèques publiques. Les ressources multimédias font très tôt partie des collections, tandis que les services audiovisuels demeurent une entité distincte jusque dans les années 1990.

En 1963, le gouvernement territorial assume finalement l’entière responsabilité de toutes les bibliothèques publiques au Yukon, et la bibliothèque régionale est entièrement fonctionnelle. L’objectif est de centraliser l’administration du réseau de bibliothèque et de décentraliser l’accès aux collections, aux programmes et aux services de façon à fournir un service de bibliothèque dans l’ensemble du Yukon.

À cette époque, il y a des bibliothèques à Mayo, Elsa, Dawson, Carcross et Whitehorse (y compris une succursale à Tahkini), et de nouvelles bibliothèques sont établies à Watson Lake et à Haines Junction. Le réseau régional de bibliothèques s’étend rapidement et, dès la première année, on est en mesure d’offrir le service à Carmacks, Teslin, Swift River, Brooks Brook, Keno, Beaver Creek et Destruction Bay; puis, c’est au tour de Canyon Creek, Champagne et Carcross. Il a fallu beaucoup de travail pour établir toutes les bibliothèques et les mettre à niveau.

Mme Bette Colyer a été la première bibliothécaire régionale; elle peut s’attribuer le mérite d’avoir instauré le système de prêt qui est encore utilisé de nos jours. Elle a voyagé partout au Yukon et à l’extérieur du territoire afin de promouvoir et d’organiser les bibliothèques. Lorsque Mme Colyer quitte son emploi en 1966, après 5 années de travail, elle est remplacée par M. Garth Graham, qui transforme le réseau et en fait un service de bibliothèque moderne, géré par la Direction des services de bibliothèques. En 1972, il y a des bibliothèques à Mayo, Dawson, Faro, Watson Lake, Haines Junction, Elsa, Keno et Whitehorse, ainsi que des postes de dépôt dans plusieurs autres collectivités.

En 1978, la Direction des services de bibliothèque devient le ministère des Services de bibliothèque et d’information, et celui-ci est réorganisé de façon à séparer les services de gestion des archives et des enregistrements, et les services de bibliothèque offerts au public et aux écoles. Durant une courte période, les bibliothèques feront partie des Services de l’information du ministère des Services gouvernementaux. En 1982, la Direction des services de bibliothèque se greffe au ministère du Patrimoine et de la Culture, déjà responsable des Archives du Yukon.

À cette époque, il y avait des succursales à Dawson, Elsa, Faro, Haines Junction, Mayo, Teslin, Watson Lake et Whitehorse. Des bibliothèques communautaires ou des comptoirs de prêt gérés par des bénévoles (dans les plus petites collectivités) desservaient Carcross, Carmacks, Destruction Bay, Old Crow, Pelly Crossing, Ross River, Takhini et Teslin. De plus, un service de livres brochés était offert à Beaver Creek, Burwash Landing et Keno et le service était également offert à la bibliothèque de Tungsten.

Au début des années 1980, le ministère du Patrimoine et de la Culture continue de gérer, sous différentes appellations, les services de bibliothèque. Puis, à l’occasion d’une réorganisation importante du gouvernement au début de 1984, les bibliothèques deviennent la responsabilité du ministère de l’Éducation.
Au milieu des années 1980, il y avait des bibliothèques communautaires (comme on les appelait à l’époque) dans 8 collectivités situées à l’extérieur de Whitehorse – Carcross, Carmacks, Dawson, Faro, Haines Junction, Mayo, Teslin et Watson Lake. En 1990, Ross River se joindra au réseau, et en 1999, on mettra à niveau les bibliothèques des succursales bénévoles de Beaver Creek, Burwash Landing, Old Crow, Pelly Crossing et Tagish, et on en fera des bibliothèques communautaires.
Au début des années 1990, grâce aux premières avancées technologiques, on peut informatiser la présentation des collections des bibliothèques et produire le premier catalogue électronique sur support CD-ROM – la technologie du moment. Au milieu de la décennie, les ordinateurs sont omniprésents, et le maintien à la fine pointe de la technologie présente un défi important. De nombreux processus sont informatisés et l’accès à Internet est offert à quelques endroits. Grâce à l’aide financière allouée par Industrie Canada dans le cadre du Programme d’accès communautaire (PAC) et au soutien financier de la Fondation Bill et Melinda Gates, l’accès à Internet est offert dans toutes les bibliothèques du Yukon dès 1999. Au début, cet accès devait s’effectuer au moyen d’une ligne téléphonique commutée plutôt lente et dispendieuse, mais quelques années plus tard, les usagers ont pu profiter des avantages de la connectivité à haute vitesse tout en jouissant d’un style de vie incomparable au Yukon.

Entretemps, les collections des bibliothèques s’enrichissent et les programmes se diversifient. On met sur pied un programme d’écrivain résident et on offre une collection de livres en français, une collection touchant la nordicité ainsi que des collections de livres qui permettent de soutenir des programmes d’alphabétisation; on intègre les nouveaux formats de média et on élabore une série de programmes axés sur les différents groupes d’âge, y compris des programmes d’été de lecture et des narrations de contes pour les enfants. Les bibliothèques des collectivités deviennent des lieux de réunions centralisés et des endroits confortables où l’on peut relaxer en toute sécurité.

Une autre réorganisation à grande échelle a lieu en 2002 dans le cadre du processus de renouvellement du gouvernement. À ce moment, on décide de séparer les services de bibliothèque et les Archives du Yukon, et les bibliothèques se retrouvent à la Direction des Services de renseignements du ministère des Services aux collectivités; puis, en 2004, on les transfère à la Division du développement des collectivités où elles deviennent la responsabilité de la Direction des bibliothèques publiques. Les bibliothèques continuent de croître et de se développer dans le cadre du mandat confié au ministère des Services aux collectivités.

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